ZEMI – TRIGONOLITHE

TAÏNO – République Dominicaine

1000 – 1500 AP. J.-C.

Hauteur : 17,4 cm – Longueur : 22,5 cm – Largeur : 12,4 cm

Calcaire fossilifère cristallin beige

Provenance

Ancienne collection Ilya Prigogine depuis 1960

Collection Galerie Mermoz depuis 2016

 

Sculpture anthropomorphe à trois pointes représentant un personnage stylisé à plat ventre, à l’effigie d’un zemi.

Les zemi peuvent être entièrement sculptés, comme c’est le cas ici, et ils représentent alors un personnage humain dont la tête est disproportionnée par rapport au reste du corps.

Le visage est coiffé d’un bonnet et il se caractérise par des yeux évidés, un nez retroussé et une bouche édentée largement ouverte. Les cavités ont volontairement été laissées brutes contrairement au reste de la sculpture qui est polis.

Ici, le zemi se singularise par la représentation de bras et de jambes, ornés de bracelets, étirés à l’avant et à l’arrière pour se lover dans les extrémités formant les deux pointes inférieures de la sculpture.

La « pierre à trois pointes », dite aussi trigonolithe, représente un zemi (esprit d’un ancêtre ou de la nature). La religion taïno semble s’être focalisée sur des figurines désignées sous le terme collectif de zemi (ou cemi). Ces statuettes en pierres, en bois, en coton (contenant des restes humains).

Bon nombre de zemi ne représentent qu’une tête, certains des êtres humains décharnés, plus rarement des animaux, des plantes, et ils revêtent parfois une forme purement géométrique. L’une des variantes propose soit la figuration d’une tête, humaine ou animale, aux extrémités inférieures.

La profusion de ces figurines s’explique parce qu’il y a des zemi individuels (masculins ou féminins) et de groupes (familiaux). Le cacique (chef du village) possède son propre un zemi, vénéré par l’ensemble de la communauté, et chaque homme a un zemi.