QUETZALCOATL - SERPENT A PLUMES

AZTEQUE - Mexique

1300 – 1521 AP. J.-C.

  • Hauteur : 28,7 cm
  • Largeur : 21 cm
  • Epaisseur : 29.5 cm

Roche volcanique porphyrique de type tranchy-andésite gris-brun. 

Sculpture zoomorphe représentant le dieu Quetzalcoatl, le serpent à plumes.

Le serpent, lové sur lui-même dans une structure pyramidale en forme de montagne, montre toute sa parure de plumes. Seuls sa tête et le bout de sa queue sont visibles, émergeant de cet éventail de plumes. La tête repose sur le sommet de cette « montagne ». La longue langue fourchue sort de la gueule du serpent ; les narines sont creusées ; les yeux en forme de cupules sont en relief ; les petites oreilles sont légèrement gravées ; le sommet de la tête est plat. Le bout de la queue présente le « hochet » caractéristique, composé d’une série d’anneaux ou coquilles vides librement assemblés et imparfaitement fixés, ce qui nous permet d’identifier le serpent comme un crotale ou serpent à sonnettes. La parure de l’oiseau de quetzal est magnifique, recouvrant l’ensemble du corps de l’animal. Les plumes, de forme triangulaire, légèrement gravées et en relief, semblent se gonfler sous l’effet du souffle du vent ; elles semblent même être en mouvement. La base inférieure de la sculpture est également taillée et gravée, recouverte du même manteau de plumes.

Quetzalcoatl, dont le nom vient du nahuatl et signifie « serpent à plumes », est une divinité précolombienne vénérée par de nombreuses cultures à travers l’histoire mésoaméricaine, de Teotihuacan à l’Empire Aztèque. Le serpent apparaît comme étant un animal sacré très important dans la cosmologie et l’iconographie précolombiennes et sa représentation est fréquente. Dieu du vent, de Vénus et de l’aurore, Quetzalcoatl est le patron de la prêtrise Aztèque et un des dieux les plus importants de son panthéon. Il est également connu comme étant le dieu des marchands, ainsi que celui des arts, de l’artisanat et de la connaissance. Quetzalcoatl se caractérise par son abondante parure de plumes qui recouvre l’ensemble de son corps de serpent. Son plumage semble se gonfler sous l’effet du vent, ce qui fait référence à un des aspects de Quetzalcoatl : Ehecatl, dieu du vent. En effet, les brises qui annoncent l’arrivée des pluies fécondantes proviennent de l’Est, c’est-à-dire du pays des Mayas, qui est également les pays de oiseaux quetzal. La parure du quetzal se caractérise également par son aspect verdoyant, symbole de renouvellement, de renaissance et de fécondité. Le serpent à plume est semblable à un reptile volant, comme un dragon, et est un intermédiaire entre la terre et le ciel. Il est un symbole de fertilité et est considéré comme ayant contribué à la création de l’Humanité.

Cette pièce est une exceptionnelle œuvre d’art. L’artiste a taillé l’objet à partir d’un seul bloc de pierre et a réussi à donner naissance au serpent à plumes en utilisant la forme initiale et naturelle de la roche. Le traitement naturaliste et précis, propre à l’art aztèque, donne vie à la sculpture et nous donne l’impression que nous faisons face à un véritable animal. Les sculptures de Quetzalcoatl sont extrêmement rares et seuls quelques exemples sont connus à ce jour. La pièce que nous présentons ici est un des serpents à plumes les plus beaux jamais référencés. Il peut être comparé à celui exposé aux Musées du Vatican et publié dans l’ouvrage suivant : Aztecs, cat. exp., du 16 novembre 2002 au 11 avril 2013, Royal Academy of Arts, Londres, 2002, p. 192, fig. 114. La beauté de la pierre, la parfaite maîtrise technique et la richesse de l’iconographie font de cette œuvre un chef d’œuvre absolu.