CHALCHIUHTLICUE, DÉESSE DE L’EAU

AZTÈQUE – Mexique

1300 – 1500 AP J.-C.

Hauteur : 43 cm - Largeur : 22,2 cm - Epaisseur : 22,5 cm

Roche magmatique de type trachyandésite gris clair      

Provenance 

Ancienne collection Yvon Collet depuis 1967

Collection Galerie Mermoz depuis 2019

Cette magnifique sculpture représente la déesse de l’eau aztèque connue sous le nom de Chalchiuhtlicue, signifiant littéralement « celle qui porte une jupe de jade ». La qualité du travail sculptural est à la hauteur de l’importance de cette puissante divinité et la sensibilité qui émane de ce portrait lui rend un très bel hommage.

Représentée assise, dans la pose traditionnelle de la femme mexicaine, elle dégage une grande sérénité. L’ensemble est merveilleusement conservé et sculpté en ronde-bosse avec précision et harmonie. Les mains larges sont posées sur les cuisses. Les épaules rondes se prolongent par des bras galbés, solidaires du corps. Dans un souci de réalisme, l’artiste a pris soin de graver les ongles des doigts, de sculpter l’os des poignets et d’indiquer les plis des coudes.

Chalchiuhtlicue porte pour seul vêtement une longue jupe, appelée cueitl, qui descend jusqu’aux chevilles et remonte haut sous sa poitrine. Les tétons circulaires en léger relief indiquent qu’elle est dénudée. Ses pieds, visibles à l’arrière, lui servent d’assise. Ils sont contorsionnés, les paumes relevées, les talons tournés vers l’extérieur et les orteils joints sous les fesses. Un creux rectangulaire se trouve sous l’œuvre au niveau des pieds.

Le visage délicat tourne son regard extatique vers le ciel. Les yeux sont parfaitement dessinés et creusés. Ces cavités étaient probablement incrustées de coquillage et d'obsidienne destinés à humaniser cette effigie. Les fines arcades sourcilières se rejoignent à la racine du nez. Les ailes sont en relief et leur contour gravé. La bouche est entrouverte et les lèvres sont charnues. Les joues sont belles et généreuses et le menton gracieux.

Chalchiuhtlicue arbore une belle coiffe qui recouvre le front et les tempes. Celle-ci est maintenue par deux galons torsadés qui font le tour de la tête. A l’arrière, ils s’entrecroisent pour former un nœud plat et se terminent par deux lacets qui pendent sur un cache-nuque rectangulaire. Cette coiffe fait référence à la coiffe traditionnelle de la déesse, composée de plusieurs bandes de coton enroulées autour du crâne, souvent assortie d’une parure en papier plissé. Les imposantes nattes latérales à gros pompons qui encadrent le visage sont également un signe distinctif que l’on retrouve sur la plupart des représentations. 

Dans l’ensemble, le sculpteur semble avoir porté d’avantage d’attention au visage qu’à la tenue, présentant Chalchiuhtlicue sous un jour favorable, celui d’une déesse bienveillante qui abreuve les hommes et fait pousser les plantes. Cette représentation épurée et sensible la rend particulièrement accessible et pleine d’humanité.