DUHO, SIÈGE CÉRÉMONIEL ANTHROPO-ZOOMORPHE OLIVINE NOIRE

TAÏNO – République Dominicaine

1000 – 1500 AP. J.-C.

Hauteur : 6,7 cm – Longueur : 25,8 cm – Largeur : 20,1 cm

Pierre composée d’amphibole et d’olivine noire

Provenance

Ancienne collection André Emmerich avant 1968

Ancienne collection Guy Joussemet depuis 1968

Collection Galerie Mermoz depuis 2011

 

Le dos plat de l’animal sert de siège et quatre pieds en forme de seins le soutiennent. La tête de l’animal est projetée vers l’avant et reste au même niveau que le dos. Elle mélange les caractères humains à ceux du hibou. La bouche rectiligne est ouverte. Le nez en forme de bec d’oiseau est aplati et deux grands yeux circulaires sont creusés.

Une fine ligne gravée délimite le pourtour du siège et joue sur le contraste entre le poli de la pierre noire et l’aspect mat de la gravure. Des motifs curvilignes et géométriques ornent le bas du dos et ont probablement été inspirés par la vision des chamans en transe.

Les Duhos sont un composant important des rituels Taïnos et leur utilisation est intimement liée au pouvoir et au prestige. Le chaman en s’asseyant prenait une position fœtale et se mettait en relation avec les dieux et les ancêtres. Lors de cette cérémonie, le chaman associait au Duho un autre objet à fort caractère symbolique, le Zémi ou trigonolithe lié à la notion de fécondité et d’abondance.

Ces objets sont à l’origine mêmes de la fondation sociale, économique et politique des Taïnos.

La culture Taïno est une civilisation amérindienne qui occupait les Grandes Antilles entre le IXème et le début du XVIème siècle de notre ère. Les Taïnos furent le premier peuple que Christophe Colomb rencontra au cours de ses voyages, mais ils furent également le premier à disparaître radicalement, vingt ans seulement après l’arrivée des espagnols. Les productions artistiques Taïnos sont remarquables et témoignent de la maîtrise technique de leurs artistes, ainsi que de leur grande inspiration.