Homme Scorpion richement paré

MOCHICA – Pérou

200 – 450 AP. J.-C

Hauteur : 5,8 cm – Largeur : 5,3 cm - Épaisseur : 5,2 cm

Cuivre à patine brune

Provenance

Ancienne collection Yvon Collet depuis 1967

Collection Galerie Mermoz depuis 2006

Cet homme-scorpion est l’œuvre de la culture Mochica (dit aussi Moché), qui s’est développée sur la côte nord du Pérou entre le Ier et le IXe siècle de notre ère. Ce groupe ethnique est célèbre pour la qualité de sa poterie mais aussi pour son orfèvrerie complexe et raffinée. Cette pièce sophistiquée témoigne du niveau technique atteint par ses artisans, qu’il s’agisse du travail de l’or, de l’argent ou comme dans le cas présent du cuivre, capables de maîtriser avec brio de multiples techniques (martelage, repoussée, incision, pliage, sertissage, etc).

Cet objet appartenait probablement à un dignitaire et a sans doute été déposé dans sa tombe comme offrande funéraire. Le personnage représenté apparaît mi-humain, mi-scorpion. Cette association d’éléments anthropomorphes et zoomorphes est fréquente dans l’art Mochica, elle est interprétée comme un moyen pour l’élite de se représenter et de diffuser son idéologie, en faisant de ses représentants des êtres doués de pouvoirs surnaturels, qui leur conféraient un ascendant évident sur le peuple.

Cet être hybride est arc-bouté sur le ventre, les bras et les pieds levés, dans une position vigoureuse et quelque peu acrobatique. Le corps est recouvert de la carapace du scorpion. Il est également pourvu de huit pattes latérales, de pinces en guise de mains, et d’un dard venimeux, qui signale, par sa position relevée, que le personnage est prêt à piquer.

Le visage de l’individu - qui nous fait face - contraste. Il est assez figé dans son expression et quasiment plat à l’exception du nez busqué fortement saillant, comme très souvent sur les œuvres du Pérou. Sa bouche rectangulaire est fermée et encadrée par deux sillons verticaux. Les yeux en forme de goutte sont dotés d’une large pupille fixe et ronde en leur centre et les paupières sont « gonflées ». Les oreilles latérales, de forme passablement rectangulaire, sont parées de tambours circulaires.