MASQUE HUMAIN

MAYA - MEXIQUE

450 - 850 AP JC

Hauteur : 22,1cm - Largeur : 17,8 cm - Epaisseur : 8,8 cm

Jadéite omphacite verte tachetée

Provenance

Ancienne collection Samuel Dubiner, depuis 1960

Ancienne collection Yvon Collet, depuis 1968

Collection Galerie Mermoz depuis 2007


Ce masque remarquable témoigne des sommets artistiques et techniques atteints par les artistes Maya, notamment dans le travail du jade, pierre sacrée extrêmement dure, consacrée aux offrandes rituelles et aux objets de prestige, apanage des rois et des seigneurs. Il mérite une attention spéciale pour la beauté de sa pierre, sa grande taille et le raffinement de sa physionomie naturaliste, brillamment restituée, parfaite expression des valeurs de cette grande civilisation.

La tête harmonieuse est parfaitement ovale. Le front haut et fuyant est la conséquence d’une déformation rituelle, pratique répandue au sein des classes sociales dominantes pour lesquelles elle représentait vraisemblablement un signe de noblesse, un idéal de beauté et une ode à la fertilité en raison de la forme oblongue que prenait le crâne rappelant celle d’un épi de maïs, plante vitale et sacrée. La convexité du visage qui résulte de cette modification tabulaire apparait nettement sur les bas-reliefs où les dignitaires sont généralement sculptés de côté, avec de somptueuses coiffes très hautes qui prolongent et accentuent l’arc du profil.

Les arcades sourcilières en léger relief sont à peine arquées, elles ceinturent le front et retombent en douceur sur les tempes. L’artiste a sculpté avec soin l’os frontal et la glabelle (espace entre les sourcils). Rendu de façon magistrale, le nez aquilin s’affirme avec force. Ses ailes scrupuleusement dessinées sont gonflées et ses narines perforées, une façon pour les artistes précolombiens d’exprimer le souffle et la vie dont étaient dotés les masques, considérés comme des êtres animés. Les oreilles rectangulaires sont schématiques et leur lobe percé devait accueillir des boucles ou des pendants de valeur.

Les paupières et les yeux elliptiques sont bombés et le contour de ces derniers est délicatement gravé.

Les joues gracieuses arborent de jolies pommettes saillantes. La bouche ouverte et ovale est creusée. La surface intérieure est polie tout comme le contour très fin.

Deux trous communiquant ont été ménagés sur les côtés en haut des tempes pour assurer la fixation de ce masque peut-être sur un fardeau funéraire ou bien sur un support afin de former une statue placée dans les lieux de culte ou les lieux publiques comme on suppose que c’était le cas pour les somptueux masques de la grande cité de Teotihuacán (apogée env. 450 ap. J.-C.). Quoiqu’il en soit, le revers plat et l’absence d’orifices au niveau des yeux et de la bouche permettent de dire qu’il n’était pas porté par un homme de son vivant.