MASQUE REPRÉSENTANT UN VISAGE HUMAIN

450 – 650 AP. J.-C.

- Ancienne collection Yvon Collet depuis 1969

        - Collection Galerie Mermoz depuis 2001

Ce magnifique masque est un excellent exemple du style très raffiné de Teotihuacán, métropole cosmopolite et plus grand centre religieux préhispanique entre le Ier et le VIIème siècle de notre ère. La beauté et l’intensité de sa pierre polie, une serpentine verte-noire aussi agréable à l’œil qu’au toucher, la justesse du traité et l’expression profonde qui l’habite, en font une pièce admirable et suggère une datation à la période classique autour de 450 apr. J.-C.

 

Il est un témoignage de la dextérité des artisans qui peuplaient le grand site cérémoniel, et bien sûr de leur immense dévotion, sans laquelle ces visages somptuaires, exaltant la jeunesse et la sérénité, n’auraient pu prendre forme avec une telle aura.

 

Œuvre d’un artiste accompli, il reflète également les conventions en vigueur dans la « Cité des Dieux », dirigée par une puissante classe sacerdotale qui veillait à idéaliser et sacraliser l’ensemble de ses productions artistiques. Le souci de perfection et de permanence de cette élite dirigeante est visible à travers chaque détail de ce masque rarissime. Il suffit d’observer le tracé impeccable des yeux, la droiture et le réalisme du nez, la rigueur des oreilles stylisées et le galbe parfait des lèvres pour s’en convaincre.

 

Les yeux creusés, de même que la bouche, devaient à l’origine accueillir des incrustations de nacre, d’obsidienne ou de pyrite destinées à animer et embellir l’être représenté. Les narines percées et la bouche ouverte sont des éléments importants sur le plan symbolique. Ils devaient permettre à l’âme, incarnée par le masque, de respirer et de continuer son chemin dans l’au-delà. Le volume que leur a volontairement donné le sculpteur et le soin apporté à leur réalisation en témoigne.

 

Les oreilles, figurées par deux excroissances rectangulaires, ont les lobes percés pour permettre le port d’ornements. Le sommet du masque est droit et son dos est creusé. Des trous de suspension ont été réalisés sur les côtés, en-haut et en-bas de chaque oreille. Ceux-ci permettaient vraisemblablement d’attacher ce masque impressionnant à un mannequin en bois, installé dans une niche au sein d’un lieu de culte.