PERSONNAGE DEBOUT

MEZCALA - Mexique

350 - 100 AV JC

Hauteur : 20,5 cm  - Largeur : 6 cm - Epaisseur : 4,6 cm

Diorite verte tachetée

Provenance

Ancienne collection Henry Planten depuis 1968

Collection Galerie Mermoz depuis 2020

Ce magnifique personnage est un très bel exemple de l’art lithique du Guerrero, région montagneuse de l’ouest du Mexique considérée comme l’un des berceaux culturels de la Mésoamérique et terre prodigue pour les artistes-sculpteurs de la fin du préclassique qui trouvaient là des gisements de pierres de couleur verte hautement sacrées.

Travaillée avec soin dans une belle diorite polie, c’est une réussite sculpturale mais aussi une œuvre précieuse sur le plan symbolique, gardien muet de la mémoire de peuples ancestraux, profondément reliés à leurs ancêtres et aux esprits de la Terre et de la Nature en général.

Dans une attitude introvertie et pénétrante, ce personnage se tient droit, les mains jointes sur le torse. La forme étroite de son crâne indique une déformation rituelle, une pratique répandue en Mésoamérique au sein des classes sociales dominantes qui manifestaient ainsi leur noble statut.

Ses sourcils, sculptés en léger relief, sont épais et rectangulaires. Les yeux « en grain de café » sont fermés. Ils sont identifiés par une fine rainure et des paupières closes. De légers creux réalisés au-dessus et en-dessous accentuent leur volume. Le nez est triangulaire avec une arête douce et une pointe large. La bouche fermée se résume également à une rainure. Les joues sont plates et le bas du visage harmonieux. Les oreilles, longues et fines, sont identifiées par un redan au niveau des tempes.

Les épaules sont tombantes et les bras solidaires du corps. Seuls les avant-bras ont été sculptés en relief. Embrassant le ventre bombé, ils convergent vers le plexus dans un geste de recueillement. On devine les mains jointes bien qu’elles ne soient pas apparentes. 

Sous les bras, le buste se resserre et les hanches sont légèrement échancrées. Les jambes sont quelque peu arquées, séparées par une encoche étroite mais profonde. Au revers, on observe que le crâne et le dos sont parfaitement plats. En revanche, l’artiste a sculpté la nuque et fait ressortir le fessier.

Enfouie sous une habitation ou dans un dépôt votif, cette statuette qui semble plongée dans un sommeil sans fin, avait vraisemblablement pour fonction d’accompagner l’âme d’un défunt et de maintenir une communication constante avec les puissances invisibles.

En Mésoamérique, quelle que soit l’époque, les hommes croyaient que tout ce qui les entourait, y compris les objets « inanimés », étaient sensibles et interconnectés, au-delà même de la mort. Ils croyaient aussi que rien ne pouvait être obtenu des forces créatrices – notamment la fertilité des sols et la renaissance des âmes – sans qu’il leur soit offert quelque chose en échange, dans une logique donnant-donnant perpétuelle. Les offrandes rituelles et funéraires servaient à cela, à honorer les ancêtres et les divinités et sans doute intercéder en faveur de la communauté des vivants pour le maintien des cycles naturels, la fertilité des sols et au final la survie des hommes. 

Leur portée religieuse éclaire le choix presque systématique de pierres vertes pour leur réalisation. Dans la pensée précolombienne, l’apparence de ces roches – leur couleur, leur reflet – évoquait l’eau, la Nature et par extension le renouveau. Elles étaient donc réservées aux œuvres cultuelles, sculptées et patinées avec le plus grand soin, comme on le ferait avec un objet magique.