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Bol Tecomate

monochrome

Prix sur demande

Olmèque / Mexique / 1150 – 900 avant J.-C.
Hauteur : 10,9 cm – Diamètre de la panse : 13,7 cm – Diamètre de l’ouverture : 5,5 cm
Matière : terre cuite blanc-beige avec fine couche de kaolin.
Provenances : Ancienne collection Yvon Collet depuis 1966 ; Collection Galerie Mermoz depuis 2005.
Exposition : Tefaf Maastricht 2019.

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Ce récipient est un modèle de pureté et d’élégance, réalisé par un artisan passé maître dans le travail de l’argile. Derrière son apparente simplicité, il est remarquable sur le plan esthétique et technique. Sa forme sphérique parfaite, ses parois d’une grande finesse, sa surface lustrée comparable à de l’ivoire et l’homogénéité de sa teinte naturelle l’élèvent au rang d’œuvre d’art, rappelant que la première grande tradition céramique de Mésoamérique fut olmèque. Cette qualité indique qu’il s’agit d’un objet de valeur supérieure, appartenant à un personnage de haut rang et probablement enterrée à ses côtés.

Au second millénaire avant J.-C., les céramiques, particulièrement adaptées à la conservation, la cuisson ou le service des aliments et des boissons, étaient des ustensiles du quotidien mais pas seulement. Les plus beaux exemplaires de bols, bouteilles, assiettes et vases étaient considérés comme des objets de prestige, de culte et d’offrande.

Cette œuvre porte le nom de Tecomate, du nahuatl tecomatl signifiant calebasse, en référence aux calebasses sèches qui étaient utilisées comme récipients avant que les techniques de la céramique ne se transmettent depuis l’Amérique du Sud vers la Mésoamérique, aux environs de 1800 avant J.-C.

Ses bords sont enflés dans la partie centrale et se rejoignent sur le haut pour former une ouverture resserrée. Elle présente des traces de cinabre rouge à l’intérieur et à l’extérieur, tendant à confirmer qu’elle a été entièrement recouverte de cette poudre minérale sacrée, associée symboliquement au sang et à la vie, et utilisée lors des rites funéraires.

En l’absence de tour de potier, l’artiste a employé la technique ancestrale du colombin, à base de boudins d’argile, travaillant patiemment la matière jusqu’à obtenir une forme sphérique harmonieuse et des parois lisses. La finesse de celles-ci en fait un objet extrêmement léger et délicat et donc particulièrement précieux.

Sa couleur blanche résulte de l’utilisation d’une argile claire, riche en kaolin. Contrairement aux argiles jaunes, rouges, brunes, ce type de terre glaise ne contient pas d’oxyde de fer. Ainsi, lors de la cuisson, il reste clair, quand les autres deviennent plus ou moins rouges sous l’effet de la coloration de l’oxyde.

Crédits : Photographies Frédéric Dehaen, Studio Asselberghs, Bruxelles.

Réalisées bien avant le début de notre ère, les récipients de la période préclassique préfigurent les somptueuses céramiques mayas qui fleuriront un millénaire plus tard, à l’époque classique. Ils sont excessivement rares dans la mesure où très peu d’exemplaires nous sont parvenus et que leur production a chuté avec l’exaltation progressive du jade et des objets en pierre dure.

Un certain nombre de tecomates comparables à cette pièce ont été trouvés en différents endroits sur les hauts plateaux centraux du Mexique, sur les sites de Tlatilco, de Tlapacoya et de Las Bocas, pour les plus connus. Ils sont donc le plus souvent rattachés aux cultures villageoises formatives qui occupaient ces lieux. Toutefois, la présence, sur ces mêmes zones, de céramiques présentant des analogies stylistiques avec l’art olmèque pose question. De nombreux chercheurs en ont déduit que les Olmèques, généralement localisés autour des grands sites cérémoniels de la côte du golfe (San Lorenzo, La Venta, etc.), étaient présents dans d’autres régions et qu’ils seraient les pères des céramiques fines du Mexique central produites au cours du millénaire avant notre ère.

Dès lors, se pose la question des origines de cette grande civilisation. Est-elle née à l’est du Mexique, dans cette « zone métropolitaine » comme on l’appelle, à partir de laquelle elle aurait exploré d’autres territoires, essaimant sa culture à travers la Mésoamérique ? Ou bien est-elle née ailleurs, au centre ou à l’ouest, avant de s’installer sur la côte du golfe, contrée torride et fort peu hospitalière mais propice au développement de l’agriculture et notamment à la culture du maïs ? Ou bien s’agit-il, comme certains olmécologues le pensent, dont l’archéologue et anthropologue Caterina Magni, reprenant en cela la thèse de l’archéologue Christine Niederberger avant elle, d’un ensemble multiethnique et plurilinguistique couvrant une grande partie de la Mésoamérique, composé de communautés s’étant mutuellement influencées jusqu’à faire émerger le style olmèque que l’on connait aujourd’hui ? À vrai dire, personne n’est en mesure de trancher et cet épais mystère contribue assurément à la fascination qu’exercent sur nous les Olmèques, dont les origines, vraisemblablement, resteront à jamais perdues dans l’antiquité.

portrait Santo Micali

L'avis de l'expert

Avant que le polissage des pierres dures ne parvienne à maturité, la terre était le support privilégié des premiers artisans et artistes mésoaméricains. Ces derniers ont produit des pièces d’une beauté saisissante, en déployant un répertoire de formes et de styles exceptionnel pour l’époque. Songeons que ces hommes modelaient sans outil métallique, sans tour de potier, par simple accumulation de boudins d’argile et qu’ils faisaient cuire leurs productions à l’air libre, ce qui implique une grande connaissance du feu. La maîtrise de la cuisson par les premiers Olmèques s’observe notamment à travers les effets de nuage subtils visibles sur ce bol.

Expositions

Œuvres comparatives

Pièces publiées dans des ouvrages de référence et/ou appartenant à d’importantes collections privées et muséales et/ou vendues par la Galerie.

Tecomate. Collection Metropolitan Museum of Art, New York # 2014.244.3.

MET

Tecomate. Collection The Museum of Fine Arts, Houston, #2002.445.

MET

Tecomate. Collection Metropolitan Museum of Art, New York # 1979.206.1221.

MET

Tecomate. Collection Museo Amparo, Puebla # 52 22 MA FA 57PJ 840.

MUSEO AMPARO

Sources & Ressources

  • Trésors du Nouveau Monde, catalogue de l’exposition aux Musées Royaux d’Art et d’Histoire,
    15 septembre-27 décembre, Bruxelles, 1992.
  • COE Michael D., DIEHL Richard A., FREIDEL David A., The Olmec World: Ritual and Rulership, December 16, 1995-February 25, 1996, The Art Museum, Princeton University, 1995.
  • BENSON Elisabeth P., Beatriz de la Fuente, Olmec Art of Ancient Mexico, 30 June-20 October 1996, National Gallery of Art, Washington, 1996.
  • MAGNI Caterina, Les Olmèques, des origines au mythe, Édition du Seuil, 2003.
  • TAUBE Karl A., Olmec Art at Dumbarton Oaks, Pre-Columbian Art at Dumbarton Oaks, N°2, Dumbarton Oaks Research Library and Collection, Washington D.C., 2004.
  • Maîtres des Amériques, hommage aux artistes précolombiens, Collection de Dora et Paul JANSSEN, Fonds Mercator, 5 Continents éditions, 2005.
  • BENSON P. Elisabeth (ed), The Cult Of Feline, conference in Pre-Columbian Iconography, october 31st- november 1st, 1970, Dumbarton Oaks Research Library and Collection, Washington D.C.
  • DI CASTRO Anne, CYPHERS Ann, Iconografia de la ceramica de San Lorenzo, Anales del Instituto de Investigaciones Antropologicas, UNAM, n°89, 2006.
  • MAGNI CATERINA, Les Olmèques, des origines au mythe, Éditions du Seuil, 414 p., 2003.
  • MAGNI Caterina, Les Olmèques et la Méso-Amérique, article www.clio.fr, mai 2004.

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