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Accueil / Œuvres / Œuvres à la vente / Chouette australe pygmée (El Chuncho) évoquant la métamorphose et le vol chamanique

Chouette australe pygmée – El Chuncho

évoquant la métamorphose et le vol chamanique

Prix sur demande

Mapuche / CHILI/ 900 – 1200 – 1500 ap. J.-C.
Hauteur : 24 cm – Largeur : 20,5 cm – Épaisseur : 7,2 cm
Matière : basalte à olivine gris à patine brune
Provenances : Ancienne collection Dupray depuis 1968 ; Collection Galerie Mermoz depuis 2018.

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Cette œuvre provient du Chili et représente un chaman se transformant en chouette. L’une des espèces fréquentant abondamment les forêts locales, et qui pourrait être celle concernée, est connue sous le nom de « el Chuncho ». Cette petite chouette australe (Glaucidium naanum) tenait une place importante dans la cosmovision de la culture Mapuche, un peuple fondamentalement holiste pour lequel les animaux et les hommes étaient des êtres égaux et interdépendants, et pour lequel les oiseaux, en particulier, constituaient les ambassadeurs sacrés des puissances supérieures.

Les Mapuche, connus aussi sous le nom d’Araucans, se sont développés sur l’actuel territoire chilien, principalement entre le fleuve Itata au nord et le fleuve Tolten au sud, depuis probablement le milieu du dernier millénaire avant J.-C. Ils existent encore aujourd’hui et constituent même l’ethnie la plus importante du Chili.

Au-delà de cet aspect magico-religieux, on notera le style « cubiste », voire « surréaliste » de cette sculpture ; une physionomie minimaliste d’autant plus intéressante que sa sobriété est inversement proportionnelle à la richesse du symbole. Car cette chouette pygmée, à en croire les récits des anciens Mapuche, n’était pas un oiseau ordinaire, bien au contraire. Messager des esprits qui vivent la nuit, elle était un animal actif dans les rites funéraires et le culte rendu aux ancêtres.

Crédits : Galerie Mermoz.

Excellent chasseur, doté d’une très bonne vision nocturne, tantôt fort silencieux, tantôt fort bruyant, « el Chuncho » était l’une des incarnations du chaman. Grâce à cette chouette de petite taille, dont il investissait l’esprit lors de transes, le sage était capable de voler discrètement à travers les différentes réalités du cosmos, notamment dans les zones obscures, et de se rendre visible et invisible en un battement d’aile. Des facultés précieuses pour se frayer un chemin dans les méandres des mondes supérieures et inférieures et échapper aux nombreux dangers et forces hostiles croisés en cours de route.

Oiseau de nuit, « El Chuncho » était naturellement associé au monde des morts et, en dépit de son modeste gabarit, les hommes lui attribuaient de grands pouvoirs. Ses hululements, semblables à d’inquiétants cris aigus, étaient réputés faire fuir quiconque le voyait ou l’entendait, d’autant que l’oiseau sait se montrer agressif quand les circonstances l’exigent, bombant son torse emplumé et déployant pleinement ses ailes pour impressionner son adversaire.

Ses activités, sa présence ou son absence, étaient perçus comme des présages. Son apparition pouvait annoncer l’arrivée de phénomènes naturels ou bien un prochain passage dans l’autre monde, étape qui, rappelons-le, n’avait pas de connotation négative chez les Indiens Mapuche car il s’agissait seulement de la fin d’un cycle et du commencement d’un autre, au cours duquel chaque être restait vivant mais sous une autre forme. En revanche, lorsque l’on rencontrait « el Chuncho », il n’était pas interdit d’être prudent…

chouette australe pygmée

Crédits : Shutterstock.

Tournant sa tête de gauche à droite, la chouette incarne, dans son comportement même, cette notion de transition et de lien entre le passé et le futur, entre la vie et la mort, entre le jour et la nuit, entre le bien et le mal. Elle renvoie ainsi aux concepts de dualité et de complémentarité qui imprègnent fortement la psyché des peuples andins, leur perception des évènements de l’existence et leur interprétation des phénomènes naturels.

De couleur généralement gris-brun-rougeâtre, la chouette australe est ici représentée sous une forme anthropomorphe. Debout, les ailes toutes déployées, cet « homme-oiseau » évoque un chaman opérant une métamorphose, illustrant ce moment où l’âme quitte le corps physique pour effectuer un vol cosmique. L’équilibre générale semble signaler le rôle de pilier social et religieux propre au guérisseur, garant de la bonne communication entre les forces surnaturelles et le monde des hommes et de la bonne marche du monde, dont la stabilité et la mécanique devait à tout prix être préservées pour éviter le chaos.

La construction de cette œuvre en forme de croix est intéressante. On peut y voir un rappel de la structure tripartite de l’univers avec, en bas, le monde inférieur, puis la terre, habitat des hommes, puis le monde céleste, demeure des défunts et des ancêtres, ainsi qu’un rappel de l’aspect quadrangulaire de chaque plan avec ses quatre points cardinaux.

Sur le plan formel, on retrouve ici la morphologie générale de la chouette avec une tête importante par rapport au corps. Plate et large, elle est enchâssée dans un poitrail imposant et rebondi, flanqué de larges ailes et de courtes pattes.

Les larges yeux circulaires évoquent bien le regard perçant de l’oiseau, accentué par les pupilles jaune vif, de même que le don de vision et les facultés sensorielles exacerbées du chaman. Le triangle inversé, qui les sépare, identifie la zone située entre les yeux, délimitée par les arcades sourcilières recouvertes d’un plumage clair.

La bouche est figurée par une légère dépression ovale. Elle est manifestement ouverte, évoquant les mélodies et incantations qui accompagnaient les rituels. Les ailes triangulaires sont relativement courtes mais de belle ampleur et deux rainures horizontales identifient les plumes. On imagine volontiers ici un chaman, portant un costume cérémoniel, composée de plumes, dans le but de se donner un aspect spectaculaire et de manifester la symbiose opérée avec l’oiseau. Les jambes enfin sont courtes et cubiques, séparées par un léger espace arrondi.

portrait Santo Micali

L'avis de l'expert

Cette pièce est extrêmement rare. On compte en effet très peu d’exemplaires comparables, encore moins de cette qualité. Elle évoque merveilleusement l’osmose entre l’homme et l’animal, volant ensemble à travers les différentes réalités du cosmos. La posture d’incantation du personnage dénote un rapport donnant-donnant avec le monde environnant. Un écosystème ouvert où l’énergie des uns rencontre celle des autres et circule sans cesse, notamment par l’entremise du chaman, chargé de protéger le clan et de maintenir l’équilibre de l’univers.

Sources & Ressources

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