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Jumeaux

assis dos à dos

Prix sur demande

Mezcala – Guerrero / Mexique / 350 – 100 avant J.-C.
Hauteur : 13,9 cm – Largeur : 8,5 cm – Épaisseur : 15,2 cm
Matière : rhyodacite verte tachetée à patine brune
Provenances : Ancienne collection Herzog Von Bayern depuis 1969 ; Collection Galerie Mermoz depuis 2010.

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Cette œuvre est un magnifique exemple de l’art Mezcala, issu de la région du Guerrero. Il témoigne de la richesse de cette tradition lithique qui a excellé dans le travail des pierres et produit d’innombrables effigies humaines, toutes liées par un air de famille, et chacune, pourtant, indéniablement unique.

Ces idoles, retrouvées enfouies dans ce qui était probablement des sépultures ou des caches votives, servaient d’offrandes rituelles et funéraires, dont la fonction était d’honorer les esprits des ancêtres et de garder le contact avec ces derniers.

La particularité de notre œuvre réside dans la présence de deux personnages assis, positionnés dos à dos, et présentant la même physionomie. Trois caractéristiques qui en font une pièce rarissime au sein d’un répertoire artistique où les figures assises et les pièces à personnages multiples sont une minorité.

Si les sculpteurs Mezcala ont fait preuve d’une remarquable vigueur créatrice, déclinant à l’infini le thème de la figure humaine, la majorité de leurs œuvres sont, en effet, des personnages debout et uniques. Cet exemplaire constitue donc une pièce aussi ingénieuse qu’exceptionnelle, dont la réalisation a requis un travail considérable.

Crédits : Photographies Galerie Mermoz.

Il émane de cet objet une profonde spiritualité, exaltée par la simplicité des formes et l’inclinaison des têtes qui semblent regarder avec espérance vers le ciel. C’est d’ailleurs là que réside la force de cet art des origines, qualifié par André Malraux de « primordial » et non de « primitif ». Il nous ramène à l’essentiel et fait preuve d’un remarquable esprit de synthèse.

Ce dépouillement, volontaire ou simplement dicté par les outils rudimentaires de l’époque, laisse songeur. Que voulaient dire les peuples du Guerrero à travers ces légions d’idoles qui semblent répondre à un questionnement profondément existentiel ? Comme partout dans le monde à cette période de l’histoire, il s’agit sans doute d’un dialogue avec les puissances supérieures et de la matérialisation de l’espérance des hommes en la subsistance de l’âme après la mort.

Dans le cas présent, il faut ajouter l’aspect dualité. Bien sûr, cette œuvre pourrait « simplement » représenter des jumeaux, mais au sein d’un monde où tout était symbole, il paraît plus probable qu’elle renvoie aux concepts qui irriguaient la pensée précolombienne, dans laquelle tout l’univers est affaire de complémentarité, de duplicité et de cycles. Ainsi, on peut voir ici les deux facettes de la vie que sont la naissance et la mort, ou bien les deux étapes que sont la vie terrestre et la vie céleste, séparées par le décès. Mais il peut s’agir aussi de l’union du principe féminin et du principe masculin et, plus généralement, de tous les contraires.

Sur le plan formel, les deux personnages ont les jambes légèrement écartées et repliées contre le torse. Les mains sont posées sur les genoux et les bras enserrent fermement le corps compact. Cette position est une posture associée aux dignitaires et à certaines divinités, comme on le constate dans d’autres cultures. Il est donc probable que ces figures représentent ou évoquent des personnages importants, chefs de clan et/ou chamans.

Les doigts et les orteils sont marqués par des rainures. Les têtes adoptent une forme de triangle rectangle de profil, avec une mâchoire inférieure très longue et un menton fortement projeté vers l’avant, surplombant de sa hauteur les bras et les jambes. Le cou est quasi-inexistant si bien que la tête semble enfoncée dans les épaules menues. Le haut du crâne est étroitisé et le front est absent. Les arcades sourcilières épaisses sont saillantes. Les yeux se résument à deux creux superficiels. L’arête du nez est fine et à peine perceptible. La bouche consiste en une encoche aplanie, suivie par un menton pentu. Les joues sont planes et larges. Les oreilles stylisées sont délimitées par une rainure verticale. L’arrière de la tête et du corps est plat. Un large espace sépare les deux personnages jusqu’aux reins, où ils apparaissent reliés.

portrait Santo Micali

L'avis de l'expert

D’après le chercheur Carlo Gay, il est envisageable que les œuvres Mezcala présentant plusieurs effigies puissent avoir un lien avec la lune et ses cycles. Ici, il pourrait s’agir de la représentation conceptuelle du 1er et du dernier quart de lune. L’hypothèse d’une influence lunaire sur les êtres vivants, sur leurs rythmes biologiques, sur leurs comportements, ainsi que sur la nature en général, est un concept très ancien, partout dans le monde.
Associée à la nuit et à l’occulte, l’astre est, dans nombre de traditions, le lieu de séjour des morts, ce qui l’associe de fait au culte des ancêtres. Elle symbolise également le temps qui passe et la condition humaine, de la naissance à la mort. Disparaissant temporairement avant de renaître, elle est un parfait symbole de renouvellement et de permanence.

Œuvres comparatives

Pièces publiées dans des ouvrages de référence et/ou appartenant à d’importantes collections privées et muséales et/ou vendues par la Galerie.

Personnage Mezcala assis. Collection Museo Amparo, Puebla #52 22 MA FA 57PJ 476.

MUSEO AMPARO

Personnage Mezcala assis. Collection Museo Amparo, Puebla # 52 22 MA FA 57PJ 512.

MUSEO AMPARO

Sources & Ressources

  • GAY Carlo, Mezcala Stone Sculpture, The Human Figure, The Museum of Primitive Art, New York, 1967.
  • GAY Carlo, PRATT Frances, Mezcala, Ancient Stone Sculpture from Guerrero, Mexico, Balsas Publications, Genève, Suisse, 1992.
  • CASTRO Efraín et al, El Arte de Mezcala, Gobierno Constitucional del Estado de Guerrero, Ediciones Espejo de Obsidiana, Mexico, 1993.
  • STIERLIN Henri et al, Mexique, Terre des Dieux, Trésors de l’art précolombien, catalogue de l’exposition au Musée Rath, du 8 octobre 1998 au 24 janvier 1999. Édition Musée d’art et d’histoire, Genève, Suisse, 1998.
  • GAY Carlo, GAY Robin Chontal: ancient stone sculpture from Guerrero, Mexico, Balsas, Genève, Suisse, 2001.
  • PARADIS Louise, GAY Carlos, PRATT Frances, Mezcala. Ancient stone sculpture from Guerrero, Mexico, dans : Journal de la société des Américanistes, Tome 79, 1993, p. 260-264.
  • PARADIS Louise, BÉLANGER Christian, RABY D., ROSS B., Le style Mezcala découvert en contexte au Guerrero (Mexique), dans : Journal de la société des Américanistes. Tome 76, 1990, p. 199-212.
  • HAMARD Bénédicte, Guerrero, l’art de la sculpture Mezcala et Chontal dans le Mexique précolombien, Collection Daniel Lebard, 5 continents éditions, Milan, 2015.

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