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Suplicante

personnage suppliant agenouillé

Prix sur demande

Alamito – Argentine / 100 avant – 250 après J.-C.
Hauteur : 28,3 cm – Largeur : 11,6 cm – Épaisseur : 10 cm
Matière : pierre détritique de type grès, gris brun
Provenances : Ancienne collection Ilya Prigogine depuis 1970 ; collection Galerie Mermoz depuis 2018.

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Cette œuvre ancestrale, aux allures cubistes, répond au nom de « Suplicante ». Elle représente un personnage suppliant, agenouillé, les mains relevées, en position de prière. Les sculptures de ce type sont uniques dans le monde précolombien et très rares. Elles sont propres à la culture Alamito, un peuple d’éleveurs de lamas habitant la province de Catamarca, une région montagneuse au nord-ouest de l’Argentine, entre 400 avant et 600 après J.-C. environ.

Réalisées dans une roche dure, elles représentent un travail considérable, sachant qu’à l’époque, les outils métalliques n’existaient pas. La dévotion chevillée au corps, les sculpteurs Alamito ont néanmoins réussi le tour de force de produire, ex nihilo, des idoles d’une grande force d’évocation et d’une telle ingéniosité sur le plan plastique qu’elles en deviennent architecturales.

On ne peut s’empêcher de voir dans ces formes abstraites et organiques une filiation avec les sculptures révolutionnaires des artistes du XXe siècle, Constantin Brancusi puis Henry Moore en particulier, dont on connaît la fascination pour les arts primitifs et l’influence sur les courants minimalistes et surréalistes de l’après-guerre.

Crédits : Photographies Galerie Mermoz.

Constituée de courbes voluptueuses, de volumes et de creux, qui lui confèrent rythme et fluidité, ce personnage est asexué. Deux ouvertures traversantes permettent de distinguer ses membres. L’espace creusé en haut sépare les bras du cou, et celui d’en bas sépare les jambes du bas du tronc. Les mains ne sont pas détaillées, mais on les devine placées autour de la tête. Les pieds, également, ne sont pas visibles, on les devine positionnés à l’arrière sous le fessier.

L’abdomen est rebondi, mais les bras et les jambes, à l’inverse, dessinent des formes angulaires en forte saillie. Une rainure centrale est visible tout le long, donnant le sentiment que les membres sont dédoublés. Ceux-ci ont également la particularité de se prolonger à l’arrière de l’œuvre et d’en faire le tour d’un seul tenant. Visuellement, le corps semble pris en étau et entouré par une gaine de pierre, fractionnant le revers en trois parties de même hauteur.

Cette caractéristique renforce l’attractivité visuelle et plastique de ce Suplicante qui a longtemps appartenu à un collectionneur de renom, le Professeur Ilya Prigogine, prix Nobel de chimie en 1977. Ce dernier était particulièrement attiré par les cultures ancestrales d’Argentine et par les traditions du Guerrero au Mexique, dont les productions ont en commun un grand modernisme.

La tête forme un promontoire arrondi, indiquant qu’elle est relevée, en direction du ciel, et sur les côtés apparaissent les yeux ronds en forme de boutons. L’originalité de ce Suplicante réside aussi dans le fait qu’il n’a pas de bouche à proprement parler. Le visage se termine verticalement, dans le prolongement du nez, tandis que généralement on constate la présence d’un plan horizontal représentant le menton avec une encoche à son extrémité marquant l’ouverture d’une bouche.

Les Suplicantes sont uniques dans le monde précolombien et très rares. Ils sont le fruit d’un véritable corps à corps avec la pierre qui aura sûrement duré des semaines, voire des mois, durant lesquels les artistes se seront confrontés à la fois à la résistance du matériau et à celle du cosmos ; un univers immense et angoissant, qui, dès l’aube des temps, a poussé les hommes à créer dans l’espoir de s’attirer les faveurs des dieux et de mieux contrôler leur existence.

Véritables « figures de style » de leur langage artistique, ils expriment, par leur fascinante corporalité, la puissance des émotions contenues en leur for intérieur, leur conscience de la vulnérabilité de l’humanité et leur espérance quant à la possibilité d’amadouer les puissances supérieures, qu’ils imploraient de tout leur être afin qu’elles protègent le clan et assurent sa survie.

portrait Santo Micali

L'avis de l'expert

L’observateur non habitué pourra mettre un instant à saisir le sens des formes tant l’abstraction est poussée mais une fois l’objet devenu sujet, elles s’imposent avec évidence et l’on demeure frappé par la force de cette représentation. Son créateur s’en est allé, il y a bien longtemps, mais son œuvre demeure, intense, puissante, révélant, sous son épiderme de pierre, la hauteur d’âme et la profondeur de pensée des peuples occupant l’Argentine il y a plus de 2000 ans.

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