Galerie MermozGalerie Mermoz
Galerie MermozGalerie Mermoz
Galerie MermozGalerie Mermoz
Galerie MermozGalerie Mermoz
contactez-nous
Slide 1
previous arrow
next arrow

Accueil / Œuvres / Œuvres à la vente / Zémi à trois pointes trigonolithe

Zémi à trois pointes

trigonolithe

Prix sur demande

Taino / République dominicaine / 1200 – 1450 après J.-C.
Hauteur : 21,5 cm – Largeur : 32 cm – Épaisseur : 14,3 cm
Matière : calcaire fossilifère brun beige jaune tacheté
Provenances : Ancienne collection Diego Veintimilla depuis 1970 ; Collection Galerie Mermoz depuis 2004.
Expositions : Masterpiece 2015, Biennale 2016.

AJOUTER AUX FAVORIS (0)
Connexion .

Cette œuvre singulière est une magnifique démonstration des compétences sculpturales des Indiens Tainos, qui occupaient la plupart des terres des Grandes Antilles à l’arrivée de Christophe Colomb en 1492. Elle répond au nom de « Zemí », terme utilisé par ce peuple pour désigner une entité sacrée incarnant une divinité ou l’esprit d’un ancêtre du clan.

Les zemís, dont le culte était central dans la vie des Tainos, se rencontrent sous une étonnante pluralité de formes : bijoux, amulettes, vases, plats, cuillères, spatules, pilons, totems, sièges cérémoniels, urnes funéraires et bien d’autres, fabriqués à partir de bois sacré, de pierre, de coquillage, de coton, d’argile et d’os.

Cet exemplaire appartient au corpus des zemís à trois pointes, qualifiés de « trigonolithes ». Il se distingue par la beauté de sa pierre brun-beige, par les nombreux décors géométriques gravés sur la partie centrale ainsi que par l’expressivité du visage qui témoigne du pouvoir mystique attribué à ces idoles.

Sa forme conique évoque, selon certains chercheurs, le sein d’une femme, organe nourricier par excellence, et selon d’autres, la forme des tubercules de manioc, aliment de base et élément symbolique important dans les Caraïbes préhispaniques.

Ces ressemblances ont conduit les archéologues à suggérer que les zémis à trois pointes puissent être associés aux rituels de fertilité et aux cultes agraires, ce que tendraient à confirmer les récits rapportés par le moine franciscain Ramón Pané, qui relate que certains zémis étaient enterrés dans les jardins pour favoriser la pousse des plantes.

Crédits : Photographies Frédéric Dehaen, Studio Asselberghs, Bruxelles.

On retrouve ici les traits conventionnels des zémis : une bouche très étirée aux lèvres fines et sans dentition, qui a été légèrement creusée quand sur d’autres zémis, elle est très profonde ; un menton en forte projection formant la pointe avant ; un nez décharné dont les narines sont ici identifiées par un motif triangulaire et les ailes par une fine rainure qui se poursuit autour de la bouche ; et des yeux ovales, de grande taille, creusés également.

Sur les côtés, de longues oreilles stylisées sont visibles, ornées de parures circulaires. L’entité semble avoir la tête coiffée d’un bonnet, qui ne monte pas jusqu’à la pointe centrale mais s’arrête à quelques centimètres. Ce bonnet est gravé d’une multitude de dessins géométriques d’une grande finesse, imbriqués visuellement et admirablement exécutés. De fines lignes gravées forment ainsi des motifs ésotériques de forme circulaire, spiralée et triangulaire, dont on ne peut que déduire la nature probablement cosmologique, ce qui n’empêche pas d’apprécier le très beau résultat visuel, qui donne sa personnalité à cette œuvre emplie de mystère.

La possession de zemís était, semble-t-il, répandue au sein de la société taino, qui les tenait en haute estime, et ce sans distinction de classe. Cependant, les exemplaires les plus élaborés étaient la propriété des chefs (caciques) et des chamans. Ces très beaux objets de dévotion, en présence desquels l’on célébrait les rites, étaient le signe des relations privilégiées de ces derniers avec le monde surnaturel.

D’après le manuscrit du frère Pané, la majorité des caciques possédaient plusieurs pierres aux fonctions diverses, qui servaient notamment à favoriser la germination des céréales et des légumes et à faire accoucher les femmes sans douleur. À leur décès, celles-ci étaient transmises à leur descendance, en tant qu’objet de prestige et de pouvoir.

Le rituel de la cohoba était une cérémonie propitiatoire de la plus haute importance, réservée aux seuls hauts dignitaires Tainos, qui se réunissaient pour consulter les dieux et les zemís au nom de la communauté. Elle se déroulait dans une maison retirée du village appelée « maison des morts » ou « maison sacrée ». Lors de cette retraite spirituelle les participants broyaient des graines d’Anadenanthera peregrina à l’aide d’un pilon afin d’obtenir une poudre hallucinogène, appelée cohoba, qui était déposée dans un plat à l’aide d’une cuillère en os. Puis ce plat était posé sur un plateau surmontant la tête d’un totem zemí dont la présence servait à établir symboliquement le contact entre les hommes et les esprits des morts (opias).

Après un jeûne de plusieurs jours, les dignitaires se purifiaient en se faisant vomir avec de longues spatules (purgadera), en bois ou os de lamantin, prévues à cet effet, dont les manches figuraient aussi un zemí. Ensuite, assis sur leur duho (siège de cérémonie) en bois, ils utilisaient des inhalateurs pour absorber la poudre et entraient en transe.

portrait Santo Micali

L'avis de l'expert

Le travail poussé et frappant de la tête montre que les artistes tainos y portaient un intérêt particulier, probablement en tant que siège de la conscience, de l’âme et donc de la spiritualité. Il n’est pas impossible que leur façon singulière de la représenter ait été influencée par la consommation de substances psychotropes lors des cérémonies et par les visions hallucinatoires en découlant, permettant d’atteindre l’état d’extra-lucidité recherché par les chamans (Béhiques ou Bohiques). Il est admis que cet aspect émacié du visage pourrait également avoir un lien avec les jeûnes que s’imposaient les chamans Taïnos avant toute cérémonie de divination, et notamment avant le grand rituel de la « cohoba ».

Vidéo

Expositions

Œuvres comparatives

Pièces publiées dans des ouvrages de référence et/ou appartenant à d’importantes collections privées et muséales et/ou vendues par la Galerie.

Zemi Trigonolithe Taino. Collection Metropolitan Museum of Art, #1997.35.2.

MET NEW YORK

Sources & Ressources

  • KERCHACHE Jacques, L’art Taïno : chefs-d’œuvre des Grandes Antilles précolombiennes. Musée du Petit Palais. 24 février – 29 mai 1994, Paris Musées. 1994.
  • ALEGRIA Ricardo, ARROM Jose, Taíno: Pre-Columbian Art and Culture from the Caribbean. Museo del Barrio, Monacelli Press, 1997, 189 p.
  • Dr. JIMÉNEZ Maya, « Introduction to Taíno art » in Smarthistory, November 5, 2019.
  • BERNAND Carmen, Un peuple prospère et pacifique, les Taïnos, Mars 2002, Clio 2019.
  • SAMONA Giuseppe A., “L’insaisissable religion des Taïnos. Esquisse d’anthropologie historique”, Journal de la Société des américanistes, 89-2 | 2003, 7-66.

    Inscription newsletter

    *Champs obligatoires. **Langue dans laquelle vous souhaitez recevoir nos newsletters.
    En inscrivant votre adresse ci-dessus, vous consentez à recevoir nos actualités et propositions commerciales par email et vous acceptez que vos données soient traitées conformément à nos conditions d’utilisation et à notre politique de confidentialité.